A.
B.
Eric Broitmann - Process [2009] 20' et Rouge sang [2009] 10' - commandes Motus
Ces deux pièces devront pouvoir être jouées dans le désordre : Process se situant post « effondrement » ; Rouge sang aux moments initiaux provoquant l’anéantissement.
1er degré : Process. 20’
L’humanité renaissante, après « effondrement du système technologique » .
À l’orée du monde.
Une chance supplémentaire ?
J’imagine une dualité entre la nature et civilisation, « nature et culture ».
Un chemin qui, pour reprendre la théorie de Theodor J. Kaczinsky sur l’Histoire, sera construit sur trois niveaux de ruptures possibles: mineures (passagère)- durable ou produisant des conséquences imprévisibles.
Refonte ou répétition ?
Est-il vraiment possible d’aboutir à autre chose qu’une société liberticide, happant l’humanité dans les processus surdéterminants qui la structure ?
La fin de la liberté, l’éternel retour du même.
Viendra à nouveau la nécessité de briser tout cela.
2nd degré : Rouge sang 10’
Qu’est-ce que l’acte de tuer ?
Il peut être la conséquence d’un système liberticide ou le projet arbitraire d’un petit groupe de décideurs.
Sortons des analyses froides et intellectuelles,
Nous irons voir la mort de plus près.
C.
D.
Denis Dufour La Chasse à l'ombilic [2009, création] 666"
pour récitant, trio à cordes et support audio stéréo
Dans une autarcie musicale qui évoque le légendaire isolement des Hunzas du Nord Pakistan autant que les enrobements parcheminés des Demeures d'Etienne Martin, Denis Dufour nous propose une incursion dans une cabane magique où les réflexions de Kaczynski et les rêves de décroissance utopiques d'Ivan Illich se mêlent pour former une matière sonore à la charnière de la fusion et de la claustration. C'est un peu sa forêt de Walden que le compositeur réinvente en suivant l'exemple de l'uchronie naturaliste de Jean-Jacques Rousseau et les rêves d'union totale avec les forces de la Nature d'Henry David Thoreau. Mysticisme du retour aux sources et expériences personnelles du compositeur vécues dans la plus parfaite concrétude se joignent pour entourer l'auditeur d'une “muraille de bambous” qui allie chants de désespoir et cris d'extases dans une même ignorance magnifique du progrès que seule la plus haute technologie du studio rend “soutenable”.
Lorsqu'elles touchent au seuil létal de la position de monopole, les institutions de nos sociétés industrielles s'érigent sans le savoir en obstacles à leur propre idéal. La médecine nuit à la santé, tuant la maladie au détriment de la survie du patient. Le transport et la vitesse font au final perdre du temps, l'école tend à l'écrasement des consciences et des créativités, les communications deviennent si envahissantes que personne n'écoute plus ni ne se fait plus entendre, et que le nombre de locuteurs excède, par la démultiplication technologique, le nombre de ceux qui écoutent. [Jérôme Nylon]
E.
F.
G
H.
Tomonari Higaki - Limites [2009] 10'
Limites : la réalité et la fiction, la création et la destruction, l'esprit et le corps, la nature et l'art, la consommation et la production...
[Mise en ligne : 30/11/2009
I.
J.
K.
L.
Vincent Laubeuf
M.
Mahtab Mazocratie [2002] 22’48
Parce que l’idéocratie des élasses laminantes a perdu toute résourence par la clinanciation de ses sociessives con-ceptions du monde démoclinant à l’indéterminisme clatorique par la coexence de pensées mononaires cipalonées chronolojàquement et en pridampe ennemies chriconanisme social-mazocratie et plus récemment coexistisme écoculique congoulant à faire surfrir une visistériotale du monde et de la vie interprétacité parcellisée confusée et attachée au totaloir réforique stigmatisée encore plus dans la loristure elle élionce mais aussi prédigure dans une société sucnée les contibles d’organiclonie de la vie dans le système libanal elle enconce comme une troudence l’indépacité de libériser les ressources de l’écope le valontrôle de la culgule par les institurions visèque donc à opprinoyer dans le confusionnisme (l’imbut priomique de l’idiologie domifaite est donc le confus’art) tout effrôl dévistique qui efferait de nouvelouvrir la vraie pocure de la cuprère et surgrouver de nouvelles virences actéminentes en viâse avec les possiblidées estuelles de transformer l’in-monde et de passiforer la vie que le démerloppement hystérico-phasomique de marché contient déjà et qu’il s’agit d’incliniser
Mahtab Soleil Vert [2000] 12’13
Essai de phonesthésie
'phonesthésie', du grec enaisthêsia, sensibilité vive, et aisthêsis, sensation physique au son (phônê)...
le modelage dynamique de l’œuvre convie l’auditeur lors de la performance à expérimenter et à éprouver physiquement le son. Conçue pour être projetée fffff... 120 décibels en moyenne, soit l’équivalent du volume sonore d’un réacteur d’avion ; la pièce nous est révélée (plastiquement) à même la matière, à corps-vibrant, sans compromis !
N.
O.
P.
Q.
R.
Christophe Ruetsch - Atomic Radio 137
“Programme émis depuis Radio Tchernobyl, la plus puissante station émettrice dans le monde, Atomic Radio 137 est l’émanation sonore d’une résidence d’artiste effectuée en bordure de la zone interdite, à Volodarka, en Ukraine par le compositeur Christophe Ruetsch.
Ce carnet de voyage croisé, écrit à quatre mains avec le concours de l’artiste Pascal Rueff, 23 ans après l’explosion du réacteur Lenine, se situe au cœur d’un espace durablement contaminé par la radiation, la zone, glissant d’un espace “dramatique” initial vers autre chose : un territoire plus ou moins clôturé, au bord du monde, dans lequel l’homme est secoué par un univers existentiel intense et paradoxal.”
Ce programme est produit par l'Atelier de Création Radiophonique, France Culture, sous la direction de Philippe Langlois et Franck Smith,
réalisation Marie-Laure Ciboulet.
Il a été diffusé le 28 juin 2009. Durée : 66 min.
[mise en ligne 30/11/2009]
S.
T.
U.
V.
W.
X.
Y.
Alexandre Yterce - Diffractions (Opus XXX)
[2009] 10’30’’ (CRÉATION)
Commande de Motus
J’ai utilisé pour la réalisation de cette œuvre la trame sonore d’une de mes pièces de théâtre, qui avait pour sujet le mythe d’Oreste. Je l’ai démantelée et restructurée afin de mieux répondre aux exigences de cette commande axée autour du mathématicien américain Theodore J. Kaczynski. Comme lui-même n’a cessé de le proclamer, je voudrais dire que ce qui meut toute société, consolide toute domination, est la peur de la mort. Que cette menace hante la civilisation — cette esclave de la destruction — au point de faire du monde le théâtre d’une expérimentation permanente pour parfaire le règne universel et manifeste du trépas. L’empire technique, faisant suite au développement des sciences, est enfermé entre les murailles de cette servitude, de cet effroi. Il ne fait que reproduire l’angoisse en instaurant le règne de la disparition, des rendements destructifs. Il met en permanence l’existence en danger, ne laissant aucun répit aux êtres, qui finissent par basculer dans un ressentiment suicidaire quand ils ne font pas corps avec cette instance dominante. L’ordre et l’obéissance sont indissociables de la menace de mort. Ces ensorcellements ont engendré le triomphe de Thanatos, l’automatisme de la crainte, l’histoire, la nôtre, où se déchaîne le massacre du semblable par le semblable pour racheter sa personne au trépas. C’est dans cet enfermement que la folie barbare de la domination politique élabore son industrie mortifère, et ses cadences de plus en plus soutenues mènent la houle mouvante des hommes vers le néant, l’avilissement, l’anonymat, le labeur, la résignation. Mais si la violence de nos sociétés se maintient, c’est parce que chacun se l’inflige en renonçant à vivre. C’est que trop peu ont le courage de subvertir l’angoisse, d’en faire une possibilité extrême de se défaire d’une histoire assassinée par une engeance qui corrompt et dévaste le monde. C’est dans la volonté d’exister par nous-mêmes que nous en finirons avec ceux qui n’ont plus d’existence, avec ceux qui voient le destin du monde comme un animal qu’on mène à l’abattoir.
Z.
|